Hugo Chavez, roi du pétrole et du Vénézuela ? Cela y ressemble bien … à moins que la chute du cours du brut ne change quelque peu la donne.
La compagnie pétrolière Petroleos de Venezuela (PDVSA) a annoncé vendredi la constitution d’un groupement international destiné à développer un champ de gaz.
Parmi les entreprises “partenaires”, rien que du beau monde, les fabuleuses ressources de l’Orenoque attirant toutes les “convoitises” …
Le groupement sera en effet constitué de Galp Energia (Portugal), Chevron et Global Technology Services (Etats-Unis), Energia Argentina (Argentine) et Mitsubishi et Mitsui (Japon). Il faut dire que l’enjeu est de taille, même si les investissements sont à la “hauteur” : près de 20 milliards de dollars. Ils devraient permettre la construction de deux lignes de production de gaz naturel liquéfié devant fournir 4,7 millions de tonnes par an.
Le projet prévoit en effet l’exploitation du gisement off-shore de la plate-forme Deltana et du golfe de Paria, au large du delta de l’Orénoque. Cette région fort prometteuse serait dotée de réserves estimées à 28.800 milliards de pieds cubes.
Charité bien ordonnée, PDVSA aura 60% du capital de la nouvelle entité. Une décision conforme à la stratégie du gouvernement vénézuélien. Mais tout n’est pas rose pour autant pour Hugo Chavez, des politiques de ce type pouvant “conduire” quelque fois au revers de la médaille.
En effet, la chute actuelle du cours du brut devrait peser sur le Venezuela, premier exportateur de brut latino-américain. Certains analystes affirment même qu’elle pourrait conduire Caracas à réviser sa stratégie. Un enjeu d’autant plus important que le géant public PDVSA génère 90% des recettes de l’Etat, contribue à la moitié du budget et finance l’intégralité des programmes sociaux.
Le ministre vénézuélien de l’Energie, Rafael Ramirez, également président de PDVSA, a annoncé récemment une baisse de 40% des coûts de production à travers une révision des tarifs des contrats de prestation de services, tout en affirmant sa volonté de trouver de nouveaux partenaires.
Certes, officiellement, la compagnie va poursuivre son ambitieux programme “Siembra Petrolera” (“Semaille pétrolière”), soit 88 grands projets représentant un investissement de 125 milliards de dollars d’ici 2013, qui concerne la région de la ceinture de l’Orénoque.
Mais les experts estiment toutefois que PDVSA devra présenter des “éléments plus attractifs” à ses partenaires internationaux. Si en 2007, en pleine flambée du pétrole, le gouvernement avait pris le contrôle des opérations dans le champs de l’Orénoque, tout en imposant obtenir une participation minium de 60 % dans tous les projets d’exploitation, les temps ont changé.
De tels niveaux d’investissement s’avérant désormais difficiles pour PDVSA, incitant la compagnie à revoir ses projets à moyen et long terme. Un réajustement “salutaire” entre apports nationaux et étrangers pourrait en découler.
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