L‘ancien président argentin Carlos Menem a été inculpé lundi de fraude administrative après la découverte de malversations dans l’octroi en 1997 d’un marché public à la filiale argentine du groupe français d’électronique et de défense Thales.
Le juge fédéral Norberto Oyarbide a estimé que Carlos Menem avait dû être informé de ces irrégularités concernant un domaine supervisé par l’Etat -le contrôle des fréquences de diffusion- alors qu’il était président de la République (1989-1999).
Dans sa mise en accusation, le juge reproche à l’ex-président de “ne pas avoir agi contre ces situations irrégulières qui ont gravement porté atteinte au patrimoine de l’Etat”. La justice cherche notamment à savoir si des pots-de-vin de plusieurs millions de dollars n’ont pas été versés à l’occasion de ce contrat.
S’il est reconnu coupable de fraude et corruption, Carlos Menem, âgé de 78 ans, est passible d’une peine de deux à six ans de prison.
Le porte-parole de Thales en Argentine n’était pas joignable lundi soir pour réagir à cette mise en accusation.
En 1997, Menem avait octroyé à Thales Spectrum, une filiale argentine du groupe français, le contrôle des fréquences nationales de diffusion pour une durée de 20 ans. Les entreprises de téléphonie mobile, les chaînes de télévision et les stations de radio doivent payer pour bénéficier de ces fréquences de diffusion.
Ce contrat avait été annulé en 2005 par le président d’alors, Nestor Kirchner, après la publication d’un rapport de l’auditeur général d’Argentine faisant état d’irrégularités dans le cadre de l’octroi de ce marché public, une fraude dont le coût pour l’Etat est estimé à 300 millions de dollars à l’Etat. AP