Les quatre premières économies émergentes mondiales se réunissent à partir de ce mardi à Ekaterinbourg, dans l’Oural à 1 400 kilomètres à l’est de Moscou, pour leur premier sommet formel. Ces pays dits du BRIC ( Brésil, Russie, Inde et Chine ) veulent coordonner leurs positions face à la crise mondiale et revendiquent une place plus importante sur la scène internationale. Le sommet réunit les présidents russe, Dmitri Medvedev, chinois, Hu Jintao, brésilien, Luis Inacio Lula da Silva et le Premier ministre indien Manmohan Singh.
De gauche à droite : le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, le président russe Dmitri Medvedev, le président chinois Hu Jintao et le Premier ministre indien Manmohan Singh se sont rencontrés au premier sommet des BRIC le 16 juin 2009.(Photo : Sergei Karpukhin/Reuters)
De gauche à droite : le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, le président russe Dmitri Medvedev, le président chinois Hu Jintao et le Premier ministre indien Manmohan Singh se sont rencontrés au premier sommet des BRIC le 16 juin 2009.
(Photo : Sergei Karpukhin/Reuters)
Un an après leur première réunion informelle, les pays dits du BRIC ( Brésil, Inde, Russie et Chine ) se retrouvent pour leur premier sommet officiel dans la ville russe d’Ekaterinbourg. A eux quatre, ces pays représentent 40% de la population de la planète, 15% du produit intérieur brut mondial et près de 25% des terres habitables du globe.
Autant d’arguments qui justifient, selon eux, le renforcement de leur groupe dans les décisions politiques et économiques mondiales, pour faire contrepoids aux pays du Nord, ainsi que le renforcement des organisations incluant les pays émergents, telles que le G20 ou encore le G8 + 5. Pour le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, ce n’est bien simple : « le G8 est mort, il ne représente plus rien ».
Une meilleure représentation au sein des institutions internationales, et notamment au sein du Fonds monétaire international, telle est donc leur première revendication des pays du BRIC. Une revendication qui leur semble d’autant plus légitime que pour la première fois, la semaine dernière, ce n’est pas le FMI qui a prêté de l’argent au Brésil, mais le Brésil qui a accordé un prêt de dix milliards de dollars au FMI. Actuellement, au Conseil d’administration du FMI, le Brésil pèse deux fois moins que les Pays-Bas et l’Inde moins que la Belgique.
Le dollar en question
Outre la suprématie des pays occidentaux sur la scène internationale, les pays du BRIC remettent aussi en cause la suprématie du dollar dans les échanges mondiaux. Depuis plusieurs mois, ils multiplient les déclarations remettant en cause la position du dollar comme monnaie de référence internationale, la politique monétaire des Etats-Unis pouvant affecter les économies du monde entier.
Le Brésil et la Chine viennent ainsi de signer un accord inédit visant à réaliser l’ensemble de leurs échanges bilatéraux avec leurs monnaies nationales. Plus globalement, les pays du BRIC veulent « diversifier davantage » le système monétaire international. Ils envisagent l’idée d’une monnaie de référence supranationale, à la manière des droits de tirage spéciaux (DTS) émis par le FMI. Les DTS sont un instrument de réserve dont la valeur est calculée à partir d’un échantillon de plusieurs monnaies. Une solution à laquelle les Etats-Unis et l’Union européenne ne sont pas favorables.
La remise en question de la monnaie américaine n’est pas seulement politique, elle est aussi économique : la volatilité actuelle du dollar est en effet une source d’inquiétude pour les pays qui, comme la Chine, en possèdent d’importantes réserves. Des réserves dont la valeur varie au rythme des fluctuations du billet vert. Les pays du BRIC réfléchissent ainsi aux moyens de consolider leurs réserves et de renforcer leurs propres devises, par exemple, en s’achetant mutuellement des obligations.
Autre sujet à l’ordre du jour à Ekaterinbourg : les questions de sécurité. Le BRIC voudrait que les pays qui agissent militairement en dehors du cadre des Nations unies soient sanctionnés, afin de limiter les décisions d’interventions unilatérales. Les quatre pays plaident enfin pour une accélération du désarmement nuclaire et pour la promotion des biocombustibles.