En Argentine, après une période de grande inquiétude, la situation semble maintenant sous contrôle et la population a appris à vivre en faisant attention. L’impact de l’épidémie sur l’économie se fait toutefois déjà sentir.
Au coeur des vacances d’hiver, des Argentins de tout âge se pressent ce dimanche au Salon de l’agriculture pour admirer les machines agricoles, mais aussi les chevaux, les vaches et les moutons. Grands absents de cette 123 édition : les cochons, grippe A oblige. Mais l’épidémie n’est plus un sujet de préoccupation majeure pour les Argentins. A la fin de la journée, plus de 105.000 personnes, à peine moins que l’an dernier, auront arpenté les allées de la Rural. Le mouvement de panique qui avait saisi le pays au lendemain des élections législatives du 28 juin, quand le ministre de la Santé avait déclaré qu’il pourrait y avoir 100.000 personnes infectées par le virus, n’a pas duré. Depuis quinze jours, la vie a repris un cours presque normal. A Buenos Aires, les salles de spectacle et les théâtres de la célèbre avenue Corrientes, fermés pendant dix jours jusqu’à la mi-juillet, étaient bondés samedi soir. Dans deux provinces du pays, après des vacances rallongées, les cours ont repris ce lundi, avec cependant un absentéisme record de l’ordre de 50 % à 70 % selon les classes. C’était également la fin des vacances judiciaires, elles aussi décrétées en avance, pour les tribunaux.
Dans tous les lieux publics, on trouve des distributeurs d’alcool en gel que les gens ont pris l’habitude d’utiliser. Certains ne se saluent plus que de loin. Fini les « besos » et « abrazos » (les bises et les étreintes). Les Argentins ont également abandonné une autre coutume : le maté, cette infusion traditionnelle que l’on boit avec une paille en métal et qui passe de bouche en bouche. Les autorités encouragent les gens à ne pas négliger les mesures de précaution. La vague de froid polaire qui s’est abattue sur l’Argentine depuis quelques jours, fait craindre un nouveau pic de contaminations. Dans la fonction publique, les femmes enceintes et les personnes fragiles, en congés forcés depuis début juillet, ont été autorisées à rester chez elles encore quelques jours. Le dernier bilan officiel fait état de 185 morts, ce qui fait de l’Argentine le deuxième pays en nombre de victimes, derrière les Etats-Unis et devant le Mexique.
Baisses de fréquentation
Si la population semble moins inquiète, l’heure est en revanche aux comptes. Certains secteurs économiques ont été durement touchés. Les centres commerciaux, les cinémas et les restaurants ont enregistré des baisses de fréquentation pendant la première quinzaine de juillet. Les pertes les plus importantes sont signalées dans le secteur touristique et dans certaines provinces, les syndicats hôteliers ont demandé à pouvoir payer leurs impôts avec du retard. Beaucoup de Brésiliens notamment, qui viennent skier chaque année en Argentine, ont préféré annuler leurs séjours. Une chute de 50 % selon l’Inprotur (« Instituto nacional de la promoción turÃstica de Argentina »). A Bariloche, dans les Andes, seuls 30 % des hôtels étaient occupés au début de la saison. Il n’y a bien que les usines d’alcool en gel, de savons et de produits ménagers qui ont tiré profit de la situation.
Réunis en sommet vendredi dernier, les membres du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay), ainsi que les pays associés (Chili, Bolivie, Venezuela et Equateur) ont demandé à l’initiative de la présidente argentine, Cristina Kirchner, à ne pas respecter les brevets pour fabriquer les médicaments antiviraux contre la grippe A (H1N1). Les pays sud-américains aimeraient aussi mettre au point un vaccin. Mais, seul le Brésil semble pour l’instant en mesure de le faire.
les echos.fr
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