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Venezuela : Chavez dĂ©value pour doper l’Ă©conomie et les finances publiques

 

11/01/2010
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CARACAS — En annonçant samedi une dĂ©valuation de sa monnaie, le gouvernement du Venezuela espère augmenter ses recettes grâce au pĂ©trole, mais il fragilise ses citoyens exposĂ©s Ă  une poussĂ©e d’inflation.

Hugo Chavez, le président vénézuelien, a annoncé samedi une dévaluation de la devise nationale, le bolivar. La dernière opération de ce genre remontait à mars 2005.

DĂ©sormais, pour toutes les transactions considĂ©rĂ©es comme prioritaires par le gouvernement, le dollar s’Ă©changera contre 2,60 bolivars, au lieu de 2,15. Pour les autres transactions, acquĂ©rir un dollar coĂ»tera 4,3 bolivars.

Ce taux de change “prioritaire” est celui qui prĂ©vaut pour les transactions pĂ©trolières. C’est l’Ă©quivalent du taux de change du pĂ©trodollar.

Autrement dit, lorsqu’il vend par exemple un baril de pĂ©trole Ă  80 dollars, le gouvernement vĂ©nĂ©zuĂ©lien encaisse dĂ©sormais 208 bolivars, au lieu de 172. L’augmentation n’est pas anodine pour les finances publiques d’un pays dont les recettes budgĂ©taires dĂ©pendent pour moitiĂ© du pĂ©trole.

ConsĂ©quence naturelle de cette opulence, l’inflation risque d’ĂŞtre redoutablement dopĂ©e, dans le pays d’AmĂ©rique latine oĂą elle est dĂ©jĂ  la plus forte, caracolant Ă  environ 25%.

Le ministre des Finances Ali Rodriguez estime qu’il faudra compter une inflation supplĂ©mentaire de 3 Ă  5% en 2010. Pour plusieurs Ă©conomistes interrogĂ©s, la note devrait ĂŞtre beaucoup plus salĂ©e. “L’inflation va grimper en flèche”, estime ainsi Pedro Palma, du cabinet de consultants MetroEconomica, Ă  Caracas.

M. Chavez a justifié cette mesure en expliquant que le gouvernement ferait bon usage des recettes pétrolières, et importerait au taux favorable des produits tels que nourriture, médicaments et fournitures scolaires.

Le taux de change moins favorable concerne des produits qui ne sont pas considérés comme de première nécessité : automobiles, ordinateurs, terminaux de télécommunications, alcool, tabac. Il concerne aussi des produits comme les habits et les chaussures, importés en trop grande quantité, selon M. Chavez.

“Nous avons importĂ© 90 millions de paires de chaussures l’an dernier. Nous pouvons les fabriquer nous-mĂŞmes!”, a argumentĂ© le chef de l’Etat dans une allocution tĂ©lĂ©visĂ©e. Selon lui, renchĂ©rir ces importations devrait permettre Ă  une production nationale de prendre son essor. Après cinq ans de “pĂ©tro-croissance”, l’Ă©conomie vĂ©nĂ©zuelienne est en rĂ©cession, et M. Chavez souhaiterait la voir se diversifier.

Pour l’opposition, le rĂ©sultat est surtout de rendre la vie plus chère pour les citoyens, dĂ©jĂ  accablĂ©s par une hausse des prix galopante.

“C’est le niveau de vie des VĂ©nĂ©zuĂ©liens qui est dĂ©valuĂ©”, a attaquĂ© Antonio Ledezma, maire de Caracas, opposant Ă  Chavez. Les opposants estiment que le but de la manoeuvre est de permettre au gouvernement de disposer d’un pactole Ă  dĂ©penser avant les Ă©lections lĂ©gislatives.

Cette menace d’inflation Ă©tait sensible dans les rues de Caracas, oĂą des dizaines d’habitants faisaient la queue samedi pour se procurer des produits menacĂ©s de voir grimper leur prix.

“Quand j’ai entendu les nouvelles sur le dollar, je n’y ai pas rĂ©flĂ©chi Ă  deux fois, j’ai vidĂ© mon compte de mes dernières Ă©conomies et je suis venue acheter ma machine Ă  laver”, tĂ©moigne par exemple Iraima Rodriguez, secrĂ©taire de 31 ans. “A chaque dĂ©valuation, les prix dĂ©collent”, ajoute-t-elle.

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