En 2009, ce pays de 110 millions d’habitants avait beaucoup souffert de la récession planétaire. Un accident de parcours, puisque 2010 s’annonce un excellent cru, avec un accroissement des investissements étrangers attendu, alors que le Mexique fête les 200 ans de son indépendance.
Il célèbre cette année les 200 ans de son indépendance: le Mexique aborde ce rendez-vous avec l’histoire tout en renouant avec l’optimisme propre aux pays émergents. Car la croissance du PIB devrait être de 4 à 5 % si l’on en croit de récentes estimations de la Banque centrale mexicaine, qui a revu ces prévisions à la hausse. (Au début de l’année, elle tablait sur une progression de 3,2 à 4,2 % %.) L’année en cours permettra aux Mexicains de remonter la pente: en 2009, leur pays avait connu la pire récession de son histoire depuis 1929, avec un effondrement du PIB de 6,5 %.
Déjà , en présentant ses vœux à ses compatriotes le 6 janvier, le président Felipe Calderon prévoyait une vigoureuse reprise : «Au milieu de la tempête, nous avons montré notre force. Nous sommes sortis des difficultés et nous avons montré notre capacité à relever les défis.» Tout au long de 2009, le sort semblait s’être acharné contre la seconde plus importante économie d’Amérique latine : grippe A, rude sécheresse, baisse de la production pétrolière. Mais le plan de relance - 41 milliards d’euros - déployé début 2009 par Mexico a contribué à remettre le pays sur les rails. Pour les observateurs, le Mexique profite avant tout des efforts qu’il a consentis tout au long des dernières années dans le but de libéraliser son marché et de s’ouvrir au monde, devenu l’un des premiers pays exportateurs. 80 % des ventes à l’étranger, il est vrai, concerne le marché américain, et l’amélioration de la santé de l’Oncle Sam devrait booster la croissance mexicaine. Le Mexique intègre aussi le peloton de tête des pays destinataires pour les investissements étrangers : l’an dernier, malgré la crise, 20 milliards d’euros ont pris le chemin de ce pays, un flux qui devrait s’élever à 21,4 milliards cette année, selon des chercheurs à l’université québécoise de Sheerbrooke.
Priorité: créer des emplois
Le président Calderon s’est engagé à « créer des emplois pour continuer à aller de l’avant.» D’où la priorité donnée aux infrastructures, que ce soit le réseau routier ou les ports. Bien qu’il soit considéré comme un pays à revenu moyen supérieur et qu’il fasse partie du club des dix premières économies mondiales, le Mexique demeure une terre de violents contrastes sociaux, où toute une pépinière de nouveaux riches cohabite avec vingt millions de pauvres.
Comme le relevait un expatrié français dans ce pays interrogé par une revue destinée aux cadres, «ici, tout reste à faire et de plus en plus d’étrangers jouent la carte mexicaine ». La France, en particulier, est en train de redécouvrir le Mexique, et la visite de Nicolas Sarkozy en mars dernier a fortement contribué à l’exacerbation d’un tel intérêt. D’ailleurs, 2011 ne sera-t-il pas l’Année du Mexique en France?
Récemment, le groupe de défense et d’aéronautique Safran a inauguré deux sites de production supplémentaires au Mexique, avec 500 emplois à la clef. L’occasion, pour les diplomates français en poste à Mexico, de rappeler que «la France est l’un des pays étrangers qui investit et crée le plus d’emplois au Mexique.» Selon certaines statistiques, 400 entreprises tricolores ont pris pied sur ce marché prometteur, employant 90.000 salariés. Un chiffre à comparer aux quelque 300.000 personnes auxquelles les multinationales françaises donnent du travail dans l’autre grands pays émergent de l’Amérique latine, le Brésil. Ce géant du Sud s’apprête à connaître une croissance de 4,5 % en 2010 et, contrairement au Mexique, il a su limiter fortement les dégâts l’an dernier au plus fort du cyclone financier planétaire, avec un recul de son PIB de 0,2 %.
Toujours est-il que l’Amérique Latine, longtemps à la traîne en matière d’investissements étrangers, s’avère un eldorado pour les investisseurs, même si la Chine et l’Inde sont les nouvelles locomotives de l’économie mondiale.
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