Un nouveau géant aérien prend son envol : LATAM

16/08/2010
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Le brésilien TAM et le chilien LAN ont uni leurs forces au sein de LATAM, un nouvel ensemble comprenant 241 avions, dont bon nombre sont des Airbus. Les deux compagnies ont dû contourner un obstacle : la loi brésilienne restreint les investissements étrangers dans le secteur de l’aviation.

Le numéro un des transporteurs aériens au Brésil, TAM, et le leader du secteur au Chili, LAN vont se fondre dans une structure commune. La plus grande compagnie aérienne latino-américaine est née à la mi-août 2010. Elle intègre désormais le Top 10 des transporteurs mondiaux d’un secteur en plein bouleversement : la dernière grande fusion du genre remonte au 3 mai 2010, lorsque Continental Airlines et United Airlines ont fait cause commune.

LATAM serait même la plus grosse compagnie du secteur, si l’on ne prend en compte que les compagnies privées. Son chiffre d’affaires annuel s’élève à 8,4 milliards d’euros. Fort de 40.000 employés, le nouveau duo aérien fait circuler ses aéronefs dans 23 pays. La flotte totale comprend 241 avions : 98 aux couleurs de LAN et 143 aux couleurs de TAM.

Pas plus de 20 % aux investisseurs étrangers

Malgré la fusion des deux entreprises, chacun des transporteurs continuera à fonctionner sous sa marque actuelle. En réalité, un tel mariage s’est heurté aux exigences de la loi brésilienne qui interdit à une compagnie aérienne d’offrir plus de 20 % de son capital à des investisseurs étrangers. Les autorités à Brasilia traînant des pieds pour voter une loi plus libérale, les dirigeants de TAM et de LAM ont dû contourner l’obstacle existant : la holding coiffant les activités des deux partenaires se situe donc à Santiago, et TAM détiendra à peine 29 % du nouveau géant de l’aviation mondiale.

Répondant aux questions d’un quotidien brésilien, O Estado de S. Paulo, Marco Antonio Bologna, un des principaux dirigeants de TAM, a nuancé le poids des Chiliens dans le nouvel ensemble : «A la fin du processus de fusion en cours, la famille Cueto, actuelle contrôleur de LAN, détiendra 24 % du capital et la famille Amara, propriétaire de TAM, en aura 14 %.»

Un tel déséquilibre entre actionnaires brésiliens et chiliens s’explique, en partie, par l’insolente santé de LAN, dont «les actions en bourse ont doublé en quelques mois», rappelle le Diario Financiero, un quotidien chilien. TAM avait annoncé des pertes de 167 millions d’euros au second trimestre 2010.

Barrer la route aux Européens et aux Américains

L’une des raisons pour lesquelles les Brésiliens de TAM ont accepté de finaliser les négociations en cours avec leurs interlocuteurs chiliens est la suivante : «Il vaut mieux constituer une multinationale de l’aviation sud-américaine plutôt que d’attendre le débarquement en force d’Américains ou d’Européens.» De tels propos ont été tenus par Marco Antonio Bologna : «Nous disposons d’un énorme potentiel en termes de croissance pour ce qui est du trafic entre l’Amérique du Sud et les USA, d’une part, et notre région et l’Europe, d’autre part.»

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