La présidente argentine, Cristina Kirchner, a annoncé mardi le dépôt au Parlement d’un projet de loi visant à favoriser le retour des capitaux argentins investis à l’étranger, dans le cadre d’un plan destiné à contrer les effets de la crise économique internationale.
“Je vais envoyer au Parlement un projet de rapatriement des capitaux. L’idée est de parvenir à réorienter ces fonds d’Argentins ayant perdu confiance dans leur pays et obtenir un plus fort taux d’investissement pour l’économie et de rentabilité pour ces capitaux”, a déclaré la présidente dans un discours prononcé après une rencontre avec l’Union industrielle argentine.
Cette mesure prévoit notamment que les Argentins décidant de rapatrier leur argent ne payent que 1 à 8% de taxes au fisc argentin selon la destination de ces fonds, a précisé Mme Kirchner.
Ce projet de loi prévoit également un pardon fiscal pour les petites entreprises et des mesures visant à promouvoir l’emploi.
L’Argentine s’attend à un net ralentissement de sa croissance l’an prochain à environ 4% contre 6,5% cette année après des années de croissance frôlant les 9% depuis la débâcle économique de 2002.
Interrogés par l’AFP, le ministère de l’Economie et la Banque centrale ont reconnu ne pas disposer de chiffres sur l’ampleur de la fuite des capitaux argentins à l’extérieur. Ceux-ci atteindraient toutefois plus de 100 milliards de dollars, selon les estimations d’économistes argentins.
La présidente argentine a également annoncé la création d’un ministère de la Production, qui sera chargé de favoriser le commerce extérieur.
L’activité industrielle a diminué de 1,9% en octobre par rapport à septembre 2008, signe de l’impact de la crise économique internationale sur l’activité en Argentine, selon des chiffres officiels.
L’Union industrielle argentine, sous pression du gouvernement pour maintenir l’emploi, réclame un dollar fort pour favoriser la compétitivité de l’industrie, particulièrement face au Brésil, premier partenaire commercial de l’Argentine.
Le dollar vaut environ 3,35 pesos quand l’Union industrielle réclame un dollar à au moins 3,50 pesos. Celle-ci s’est néanmoins félicité des mesures annoncées par la présidente Kirchner, estimant qu’elles allaient “créer de l’emploi”.
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