Le constat est amer pour l’UNEP et les gouvernements d’Amérique Latine. Entre 2000 et 2005 4,7 millions d’hectares de forêts ont disparu, soit 249 000 hectares de plus que durant la période 1990 - 2000. Les ministres de l’environnement de chaque pays concerné, les experts et ONG reconnaissent que la lutte contre la déforestation devient de plus en plus difficile car d’énormes intérêts économiques sont en jeu. En janvier dernier, un forum réunissant les ministres des pays d’Amérique Latine a fait le point sur les stratégies menées contre la déforestation depuis 2002.

La déforestation entraîne trois conséquences majeures : perte de la biodiversité, dégradation des sols, et contribution au réchauffement climatique. Depuis quelques années, dans certains pays comme la Bolivie, le Brésil et le Paraguay, on assiste à un boom des monocultures notamment de soja au détriment de la forêt. En Amérique centrale, la couverture forestière est passée de 36,9% à 35,8% et en Amérique du sud, de 48,4% à 47,2%. Certains pays, comme le Brésil, le Chili, le Pérou ont récemment créé des agences gouvernementales chargées de plancher sur le problème de la déforestation, et renforcé la législation existante. L’armée a même été réquisitionnée pour traquer les bûcherons opérant illégalement. Malgré ces mesures encourageantes, la destruction des forêts se poursuit car elle est le fait de grands propriétaires terriens et de multinationales qui veulent agrandir les pâturages pour le bétail et les surfaces cultivables pour les agrocarburants, répondant ainsi à une forte demande.

Un espoir cependant. Les efforts pour protéger la forêt et reboiser certaines zones ont commencé à porter leurs fruits au Costa Rica, à Cuba, Santa Lucia et en Uruguay. Au contraire du Brésil où la situation ne cesse de se dégrader.

Les zones de protection ont également augmenté passant de 19,2% à 20,6% et représentent 320,400 km2.

Le problème du Brésil est particulier. Le président Lula mise sur le développement économique rapide dans son pays. Bien qu’il ait institué de nouvelles mesures pour enrayer la déforestation ,les moyens manquent sur le terrain et notamment au Ministère de l’Environnement.

Sans fonds et sans personnel, difficile d’organiser des patrouilles et des réseaux de surveillances dans la forêt. Non seulement les rencontres avec les bûcherons ou braconniers peuvent s’avérer dangereuses voire mortelles, mais les amendes infligées aux contrevenants sont dérisoires et ne pratiquement jamais payées.

L’Etat brésilien multiplie les projets industriels et infrastructures dans la forêt, sur les bases du « développement durable ». Mais multiplier les moyens d’accès à la forêt primaire c’est également permettre aux braconniers, chercheurs d’or, bûcherons clandestins et agriculteurs de s’approprier d’importantes surfaces de forêts transformées, après brûlis, en pâturages ou plantations. La recherche de l’or ou autre matière précieuse provoque d’importantes pollutions et des dégradations souvent irréversibles. Dans les trouées laissées par les bûcherons à la recherche de bois précieux, les braconniers en profitent pour s’approvisionner en animaux sauvages qui finiront dans des zoos, chez des particuliers, ou bien encore qui seront tués pour leur peau ou certaines parties de leur corps.

L’Amazonie brésilienne compte 480 000 Indiens répartis en différentes ethnies. Les peuples autochtones subissent les mêmes conséquences que la forêt. Avouons-le, les Amérindiens se meurent dans la plus grande indifférence. Peu à peu, des familles entières se voient forcées de quitter la forêt et leur mode de vie pour grossir les bidonvilles des grandes villes. Un drame de plus pour l’Amazonie…

Sylvie CARDONA

Co-Fondatrice d’AVES FRANCE

 

LA PAZ - Le gouvernement bolivien a désigné jeudi M. Santos Ramirez, un enseignant appartenant au MAS (Mouvement vers le socialisme), le parti du président Evo Morales, comme nouveau président de la compagnie d’Etat bolivienne des hydrocarbures, YPFB, entrainant diverses critiques.

Santos Ramirez, qui est un ancien sénateur du MAS et proche du président Evo Morales, devient président de YPFB alors que la Bolivie affronte des problèmes de production de gaz et surtout un manque d’investissements dans le secteur des hydrocarbures.

M. Ramirez est le cinquième président d’YPFB depuis l’arrivée au gouvernement du président socialiste en janvier 2006.

La nomination d’une personne sans expérience dans le secteur énergétique a provoqué des critiques dans la presse locale ainsi que de la part de la puissante chambre des hydrocarbures (CBH) de Santa Cruz, la capitale économique du pays andin.

La CBH, qui regroupe les compagnies pétrolières opérant en Bolivie, dont Petrobras (Brésil), Repsol (Espagne), Total (France), Britisgas (GB), Exxonmobil (Etats-Unis) et l’anglo-hollandaise Shell, a indiqué que la gestion de YPFB devrait être “principalement technique dans tous les domaines et travailler dans les domaines du commercial, des opérations et d’une administation efficace et minimiser la bureaucratie”.

L’ex-président du sénat, M. Ramirez remplace M. Guillermo Aruquipa, un ingénieur proche du président Morales accusé par les employés d’YPFB d’imconpétence et de népotisme, rapporte la presse.

Selon le quotidien de La Paz, La Razon, les compagnies pétrolières étrangères qualifient la gestion de M Aruquipa de “négative” puisqu’elle paralysait l’activité dans le secteur du gaz, la principale richesse de la Bolivie.

 

Le Blog Finances - Nouveau soubressaut pour le secteur gazier bolivien. Alors que le pays peine à satisfaire les besoins de ses clients majeurs tels que le Brésil et l’Argentine, la Bolivie a décidé de redéfinir une nouvelle Stratégie nationale des Hydrocarbures (ENH).L’objectif ? tenir compte des limitations de sa production … et renégocier notamment son contrat avec l’Argentine. C’est en tout cas ce que rapporte jeudi la presse locale.

A noter par ailleurs que faxe aux graves problèmes d’inflation et d’alimentation de sa population, Evo Morales, Président de la Bolivie vient de menacer les sociétés pétrolières de mesures “très dures” si elles n’investissaient pas davantage.

Cette nouvelle « stratégie » définit de nouvelles échéances concernant le contrat de gaz naturel signé entre La Paz et Buenos Aires en octobre 2006 selon lequel la Bolivie devait fournir à l’Argentine 7,7 millions de mètres cubes par jour (MMCD) de gaz naturel, indique le quotidien La Razon.

L’ENH constate en effet que le manque de production de gaz doit entraîner une réorganisation des livraisons de gaz sur la période 2008-2013, et propose de revoir le contrat passé entre la société bolivienne des hydrocarbures YPFB et l’entreprise argentine Enarsa.

La Bolivie, qui produit environ 40 millions de m3 par jour, ne parvient pas à livrer les quantités nécessaires de gaz au Brésil (30 millions de m3/j) et encore moins vers l’Argentine alors que sa consommation interne s’élève à 6,5 millions de m3/j. Le secteur gazier bolivien éprouve des difficultés à fournir aujourd’hui plus de 3 millions de m3/j à l’Argentine qui a besoin, selon l’accord passé, d’un minimum de 4,5 millions de m3/j .

La demande argentine de gaz est en effet en hausse constante, compte-tenu du redressement économique du pays et Buenos Aires a signé un accord en 2006 avec son voisin bolivien pour recevoir quelque 7,7 millions de m3 par jour à partir de 2010, volume qui pourra augmenter jusqu’à 27,7 millions de m3 en 2014, avec l’entrée en service du futur gazoduc du nord de l’Argentine (GNDA). Mais la part réservée au Brésil et la demande du marché intérieur bolivien menacent de réduire très fortement le quota d’importation argentin.

Il y a quelques jours, à l’issue d’une réunion à Buenos Aires, les présidents du Brésil, d’Argentine et de Bolivie ne sont pas parvenus à trouver une solution à l’insuffisance de l’offre de gaz bolivien, indispensable à la croissance des deux plus grands pays sud-américains.

Les trois présidents “ont décidé de créer un groupe de coordination composé des ministres responsables du secteur de l’énergie”, à l’issue de ce sommet à trois, a néanmoins annoncé le ministre argentin des Affaires étrangères. Ce groupe devra “analyser, conformément au principe de solidarité énergétique régionale, l’évolution des demandes respectives en énergie, afin de coordonner les mesures qui apparaîtront opportunes et pertinentes”.

Le président bolivien Evo Morales avait averti ses collègues argentin Cristina Kirchner et brésilien Luis Inacio Lula da Silva que son pays ne pourrait pas garantir l’approvisionnement en gaz au niveau actuel de leurs pays, et qu’il serait donc nécessaire de revoir les quotas de chacun d’entre eux.

Mais le Brésil avait fait savoir avant cette réunion qu’il n’était pas disposé à voir sa part diminuer, proposant en contrepartie de fournir à l’Argentine de l’électricité en cas de nécessité, notamment pendant l’hiver austral quand la demande en énergie atteint son plus haut niveau.

Dans un entretien avec le quotidien argentin Clarin, le président bolivien Morales soulignait alors que le problème est conjoncturel et que des investissements qui atteindront quelque 1,5 milliard de dollars cette année permettront de le résoudre. Désormais il exhorte les compagnies pétrolières à assurer leur financement …

Le gouvernement socialiste tente par ailleurs – certes, à sa manière - de faire « réagir » les 12 compagnies pétrolières présentes en Bolivie, dont Petrobras (Brésil), Repsol (Espagne), Total (France), Britishgas (GB), Shell (anglo-hollandaise).

Le vice-président bolivien, Alvaro Garcia Linera les a ainsi récemment averti : “nous sommes confiants qu’elles feront (ses investissements) mais si elles ne le font pas, nous serons durs, très durs”.

Selon le gouvernement, les compagnies pétrolières se sont engagées à investir 960 millions de dollars en 2008 dans le développement et l’exploration du gaz, la principale ressource du pays.

Si elles ne remplissaient pas leurs engagements, la compagnie d’Etat bolivienne YPFB et son homologue vénézuélienne PDVSA menace de les remplacer tout en se chargeant à son tour du développement et des investissements, a averti le vice-président.

Les compagnies pétrolières, qui assurent la maintenance de l’exploitation, ont arrêté leurs investissements peu après la nationalisation des gisements d’hydrocarbures par le gouvernement d’Evo Morales en mai 2006. Si toutes les compagnies ont signé de nouveaux contrats avec l’Etat bolivien, elles affichent très peu de zèle pour investir, arguant notamment du manque de “sécurité juridique”.

 

Les autorités boliviennes ont reconnu devant une commission d’enquête du sénat avoir passé des accords verbaux avec les compagnies pétrolières, en marge des contrats signés officiellement, qui pourraient être remis en cause.

L’ancien ministre bolivien des hydrocarbures, Andrés Soliz, qui a été entendu jeudi soir par les sénateurs sur les irrégularités dans les grands contrats de gaz, a recommandé de renégocier avec les compagnies pétrolières internationales.

Les “erreurs” ou irrégularités porteraient sur une taxe payable, selon les pétroliers, durant six mois et qui devrait être permanente d’après les autorités boliviennes.

Le gouvernement du président socialiste, Evo Morales, a signé en octobre 2006, 44 contrats avec 10 compagnies pétrolières internationales, dont Petrobras (Brésil), Repsol (Espagne), Total (France) après la nationalisation des gisements de gaz, le 1er mai 2006.

La Bolivie détient la deuxième réserve de gaz d’Amérique du sud après le Venezuela.

Le ministre des hydrocarbures Carlos Villegas, a affirmé que le nouveau directeur la compagnie publique bolivienne YPFB, Manuel Morales Olivera, alors conseiller du président du groupe, avait négocié verbalement avec les compagnies sans en aviser personne, y compris lui-même.

“Il ne peut y avoir de contrats sans approbation par le directoire de YPFB”, a renchéri pour sa part M. Soliz, tandis que l’avocat Sergio Berrios, ex-contrôleur des hydrocarbures, estimait que les contrats “n’étaient pas valides”, car il y avait eu une série d’erreurs de procédure.

En septembre 2006, alors que les négociations s’embourbaient, le ministre des hydrocarbures, M. Soliz, considéré comme trop rigide, avait été remplacé par Carlos Villegas, plus souple, pour parvenir à trouver un compromis avec les compagnies étrangères, indique-t-on dans les milieux pétroliers.

Les compagnies étrangères se sont engagées à investir plus de trois milliards de dollars entre 2007 et 2010 en exploration et production de gaz et pétrole, avait annoncé Carlos Villegas en octobre au moment de la signature des contrats.

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