Les habitants de l’île peuvent à partir de ce lundi appeler le monde entier à partir de téléphones portables, jusque-là interdits par le gouvernement.

Les tarifs prohibitifs devraient toutefois réserver cet avantage aux plus riches.

 

Après les ordinateurs, les lecteurs DVD et les fours à micro-ondes, les Cubains peuvent désormais posséder des téléphones portables. A partir de ce lundi en effet, la compagnie de télécommunications publique Etecsa propose la première offre mobile de l’île, quelques semaines après que le nouveau président de Cuba Raul Castro a autorisé les Cubains à posséder des téléphones portables, jusqu’à présent réservés aux étrangers et aux fonctionnaires.

Les tarifs prohibitifs devraient toutefois réserver cet avantage aux plus riches. Alors qu’à Cuba le salaire moyen s’élève à 408 pesos, soit 17 dollars, les appels vers les Etats-Unis seront facturés 2,91 dollars par minute. Pour appeler Mexico et le Canada, il faudra payer 2,64 dollars la minute, 4,80 dollars pour appeler le reste de l’Amérique Latine et 6,31 dollars pour les autres pays étrangers.

Fidel pas très porté sur les portables

La levée de l’interdit sur les téléphones portables était en tout cas très attendue par la population, dans le cadre de la levée annoncée par le gouvernement de nombreuses restrictions étatiques pesant sur l’économie cubaine. Le 25 mars, le gouvernement de Raul Castro, élu à la présidence en remplacement de son aîné Fidel le 24 février, avait déjà annoncé la fin de l’interdiction d’achat par les Cubains d’ordinateurs, de télévisions ou de magnétoscopes, marquant un premier assouplissement du régime en matière économique.

Mais face à cette révolution annoncé, le révolutionnaire depuis longtemps assagi qu’est Fidel Castro, retiré du pouvoir depuis février, a mis en garde contre les dommages que pourraient provoquer les “ondes” de certains de ces appareil : “Peut-on garantir la santé mentale et physique avec les effets  encore inconnus de tant d’ondes électroniques pour lesquelles ni le corps ni  l’esprit humain n’ ont évolué ?”.

 

TF1.FR

 

Le gouvernement cubain a annoncé, vendredi, qu’il allait permettre l’accession à la propriété, dans certaines conditions, à des locataires des logements qui appartiennent à l’Etat. Un décret publié vendredi stipule que les démarches administratives pour accorder des titres de propriété privée seront simplifiées et permettront aux enfants d’hériter de logements de leurs parents. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une série de réformes destinées à améliorer le niveau de vie de la population cubaine.

 

A La Havane, la ministre chargée de l’investissement étranger, Marta Lomas, a affirmé, mercredi 9 avril, que “le moment était venu” de procéder à des changements tels que la restructuration de l’agriculture ou l’accès des Cubains au téléphone portable et aux ordinateurs.

Cuba n’emprunte pas, selon elle, la voie de la Chine ou du Vietnam, caractérisée par l’ouverture économique sous contrôle politique. “Nous étudions les modèles, mais les conditions de chaque pays sont différentes, a-t-elle assuré. Cuba a son propre modèle, ou du moins nous le recherchons.”

La ministre envisage une relance de l’investissement étranger dans l’agriculture. Outre la distribution de terres vacantes aux paysans, les autorités vont supprimer des coopératives et autres “structures” agricoles “totalement inefficaces”, a annoncé le président de l’Association des économistes de Cuba, Roberto Verrier.

“Cuba ne pourra pas faire l’économie de l’investissement étranger dans tous les domaines”, estime pour sa part l’économiste Oscar Espinosa Chepe, ancien prisonnier politique, joint au téléphone.

 

LA première succursale de la Banque de l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA) a été inaugurée à La Havane, ce qui contribue à renforcer ce projet d’intégration régionale basé sur la complémentarité économique et la solidarité.

Le président de la Banque centrale de Cuba, Francisco Soberon, a souligné l’importance de la nouvelle institution financière qui protégera la région d’une éventuelle crise économique des Etats-Unis et garantira l’exécution de projets productifs.

Soberon a indiqué que l’île versera 118 millions de dollars à la nouvelle entité bancaire régionale qui servira aussi à créer des emplois et à renforcer la lutte contre la pauvreté, selon une information de Radio Havane Cuba.

La Banque de l’ALBA, qui commencera à fonctionner en mai prochain, n’est pas conçue exclusivement comme une institution de prêt mais aussi comme un forum où coordonner des politiques financières, surtout face à la crise internationale actuelle,indique l’AFP.

Le ministre vénézuélien des Finances, Rafael Isea, a déclaré pour sa part que Cuba, la Bolivie, le Nicaragua et son propre pays verseront des fonds à la Banque et bénéficieront du soutien d’une équipe spécialisée permettant aux pays membres de coordonner leurs politiques économiques.

L’institution bancaire se chargera de financer des projets de production d’aliments, de médicaments, de matériel de télécommunications. Pour cette première phase, elle dispose d’un capital de deux milliards de dollars.

La Commission technique et le Conseil ministériel de la Banque de l’ALBA ont tenu des réunions ces deux derniers jours qui ont abouti hier à la signature de la Convention constitutive de cette banque.

Participaient à ces réunions Isea, Alberto Guevara , ministre des Finances du Nicaragua, et Raul Chavez y Soberon, ambassadeur de Bolivie à Cuba. En vertu de cette Convention, les commissions de travail se réuniront dans les trente jours à venir.

 

La 7e réunion hémisphérique contre les accords de libre-échange s’est ouverte lundi à La Havane.

L’objectif de la réunion est de s’opposer à la Zone de libre- échange des Amériques proposée par les Etats-Unis, à la dette extérieure et à des stratégies imposées par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, a déclaré le président du comité d’organisation de la réunion, Osvaldo Martinez.

Les responsables des corporations, des organisations paysanes et indigènes prennent part à cette réunion.

Plus de 500 délégués venus de l’Amérique latine, des Etats-Unis et de l’Europe doivent discuter à cette occasion de la dette extérieure, de la nouvelle structure financière et de la criminalisation des manifestations populaires contre la zone de libre-échange des Amériques.

Les participants doivent examiner l’Alternative bolivarienne pour les Amériques, un plan présenté par Cuba, le Venezuela, la Bolivie et le Nicaragua pour contrecarrer la zone de libre-échange des Amériques.

La réunion, tenue depuis 2001, est une plate-forme des opposants à la politique néo-libérale.

Xinhua

 

La Presse Canadienne - LA HAVANE — Des lecteurs DVD, des motos, des autocuiseurs… Les Cubains qui en ont les moyens peuvent désormais acheter des produits auxquels ils n’avaient pas accès jusqu’ici, tandis que les paysans privés sont encouragés à cultiver les terres de l’Etat disponibles, signes d’une amorce de libéralisation économique dans l’île communiste.La grande première a eu lieu cette semaine: les Cubains ont afflué mardi dans les magasins pour découvrir des produits auparavant accessibles aux seuls étrangers et aux entreprises, même si beaucoup se plaignaient de n’avoir pas les moyens de les acheter.

Certains ont profité de l’occasion. Un homme est ainsi sorti d’un centre commercial avec une moto électrique à 814 dollars. Ces motos construites en Chine, rechargeables à l’aide d’un cordon d’alimentation, étaient jusqu’ici interdites à la vente au grand public, les autorités redoutant leur impact sur le réseau électrique.

Lundi, le ministère du Tourisme a annoncé que tout Cubain en ayant les moyens pouvait séjourner dans les hôtels de luxe de l’île et louer une voiture, alors que cela ne leur était pas possible jusqu’ici. Et la semaine dernière, les Cubains ont appris qu’ils pourraient désormais avoir accès légalement aux téléphones portables, un luxe jusqu’ici réservé à quelques uns.

Quant à la possibilité de planter du tabac, du café ou d’autres cultures sur des terres de l’Etat non utilisées, elle pourrait aider les Cubains à améliorer l’ordinaire aux repas et faire rentrer des devises dans le pays par le biais d’exportations agricoles.

Selon la télévision publique, 51% des terres arables sont sous-utilisées ou en jachère, et les autorités ont décidé d’en transférer une partie à des paysans individuels et des associations de petits producteurs privés. Selon les chiffres officiels, ces coopératives contrôlent déjà 35% des terres cultivables et sont à l’origine de 60% de la production agricole de l’île.

“Tous ceux qui veulent produire du tabac recevront une parcelle pour en produire, et ce sera la même chose avec le café”, souligne Orlando Lugo, président de l’association nationale des paysans.

L’ensemble de ces mesures semblent indiquer qu’un changement important est en cours à Cuba sous l’impulsion de Raul Castro, qui a remplacé son frère aîné Fidel à la présidence en janvier, promettant de lever certaines des restrictions pesant sur la vie quotidienne de ses concitoyens.

“Les Cubains ne peuvent survivre avec leurs salaires, ils le clament depuis des années”, explique Felix Masud-Piloto, de l’université DePaul. “Aujourd’hui, le gouvernement (les) écoute.”

Des files d’attente se sont formées mardi devant le centre commercial des Galerias Paseos, sur le célèbre boulevard Malecon de La Havane, avant l’ouverture des portes. A l’intérieur, il n’y avait pas encore d’ordinateurs ou de fours à micro-ondes, des appareils très attendus qui, selon des magasins de la capitale cubaine, devraient être disponibles prochainement.

“Très bien! Des lecteurs DVD en vente pour tout le monde!”, s’est exclamée Clara, une Cubaine âgée, devant un appareil de marque japonaise, dans le magasin La Copa. “Bien sûr, personne n’a les moyens d’en acheter”, a-t-elle ajouté.

Les magasins d’Etat proposent tous les produits en peso convertible, qui vaut 24 fois le peso normal avec lequel les fonctionnaires sont payés. Le gouvernement cubain contrôle plus de 90% de l’économie et le salaire moyen versé par l’Etat est de seulement 408 pesos “normaux”, soit 12,50 euros par mois.

La plupart des Cubains ont toutefois accès aux pesos convertibles grâce à des emplois dans des entreprises étrangères ou le secteur du tourisme, ou à des fonds envoyés par des proches expatriés.

 

Nouvel Observateur.com -

Raul Castro vient de lever certaines interdictions régissant la vie des Cubains. Après la mise en vente libre des ordinateurs et des téléphones portables, les habitants sont autorisés à séjourner dans les hôtels de luxe. Qu’est-ce ces mesures signifient dans la vie des Cubains ?

- Cela ne signifie pas grand-chose pour la majorité d’entre eux. Car seule une minorité, qui gagne suffisamment d’argent et qui a accès aux devises, peut profiter de ces avancées. Les Cubains, d’une manière générale, ne pourront consommer faute d’argent. Très peu de gens pourront s’offrir un ordinateur ou un téléphone portable. C’est un léger progrès qui a valeur de symbole. Permettre à quelques Cubains de consommer revient à permettre les gains sans les dénoncer. C’est faire une sélection par l’argent.

Pourquoi contrôler jusqu’à la vente des lecteurs DVD, des fours à micro-ondes et autres appareils électro-ménagers ? Y a-t-il d’autres restrictions que les Cubains souhaitent voir abolir ?

- Ces produits ne sont pas fabriqués à Cuba. Leur commercialisation est donc étroitement contrôlée. De plus, les autorités craignent une pénurie de l’électricité. Moins les Cubains seront équipés en appareils électro-ménagers et plus le gouvernement pourra garantir l’apport en énergie électrique. Elle deviendra vite insuffisante face à la demande croissante.
Ce sont des produits qui vont faciliter la vie de tous les jours. Le cheminement choisi par Raul Castro est de faciliter la consommation comme cela se passe au Vietnam et en Chine.

A terme, le projet de Raul Castro est-il de faire de Cuba une nouvelle démocratie ou cette idée relève-t-elle de l’utopie ?

- Pour l’instant, le discours politique reste d’une remarquable continuité. Le système tel qu’il est à Cuba considère que le socialisme incarne la démocratie de façon bien plus importante que le capitalisme. Et pour l’heure, il n’est pas question de liberté de la presse, de droits de l’homme, de liberté d’opinion, de manifestation, ou de fonder des partis. Personne ne parle de ces choses-là. A Cuba, on estime que le socialisme remplit son rôle.

Interview de Jean-Jacques Kourliandsky par Valérie Auribault
(le lundi 31 mars 2008)

 

LA HAVANE (AFP) — Raul Castro a fait sauter un verrou particulièrement sensible aux yeux des Cubains: l’accès, dans leur propre pays, aux hôtels jusque là réservés aux seuls étrangers, troisième mesure en huit jours assouplissant la réglementation très stricte de la société cubaine.

Dimanche soir, plusieurs réceptionnistes d’hôtels internationaux à La Havane ont confirmé à l’AFP qu’ils avaient reçu une instruction gouvernementale les autorisant désormais à accepter des clients cubains.

“Oui, nous avons reçu cette instruction et elle est maintenant en vigueur”, a déclaré au téléphone un employé de la réception de l’hôtel Copacabana de la capitale. Un réceptionniste de l’hôtel Riviera, ainsi que celui du prestigieux hôtel Nacional, ont également confirmé.

Les Cubains qui accèderont à ses hôtels, qui leurs étaient jusque là interdits, devront payer en devises –le peso convertible ou CUC– et aux prix pratiqués pour les étrangers, ont-ils précisé.

Après la mise en vente libre des ordinateurs et des téléphones portables la semaine dernière, il s’agit de la mesure la plus symbolique adoptée par le nouveau président cubain, dans le sens d’un assouplissement des réglementations régissant la vie des Cubains.

L’interdiction d’entrer dans un hôtel faisait l’objet d’un vif ressentiment de la part de nombre de Cubains qui dénonçaient en privé un “apartheid” et une “discrimination” dans leur propre pays.

Raul Castro, dans son discours d’investiture du 24 février, avait promis de lever “dans les prochaines semaines” certaines des “interdictions” –”les plus simples”, avait-il souligné– qui encombrent à ses yeux l’économie cubaine, entièrement administrée.

L’ancien ministre de la Défense a succédé à son frère Fidel qui, âgé de 81 ans, avait renoncé à un nouveau mandat, invoquant son état de santé après 19 mois de convalescence.

Economiquement, la mesure est un premier pas vers l’ouverture du tourisme au marché intérieur, mais son impact immédiat devrait être limité, comme pour les mesures précédentes.

Seuls les Cubains ayant accès aux pesos convertibles (CUC), et en quantités suffisantes, pourront en effet s’offrir un séjour dans ces hôtels, dont la chambre coûte rarement moins de 50 CUC (54 dollars) et souvent plus de 100 CUC. L’exil cubain a le droit d’envoyer 300 dollars américains par trimestre aux familles restées dans l’île.

L’immense majorité des Cubains est payée en pesos ordinaires (CUP, dont la valeur est 24 fois moindre que le CUC), à raison de 407 CUP par mois en moyenne (17 dollars).

Il n’était pas encore établi dimanche soir si le plus grand site touristique de Cuba, Varadero, à 150 km à l’est de La Havane, avec sa centaine d’hôtels pour la plupart gérés en “mixte” par l’Etat cubain et des chaînes étrangères, était concerné par la mesure.

L’accès au site balnéaire lui-même est interdit aux “Cubains ordinaires”.

Des représentants des groupes hôteliers européens implantés à Cuba avaient fait état récemment de réunions avec les responsables cubains qui leur avaient demandé d’ouvrir plus d’hôtels et de réserver plus de chambres à Varadero et ailleurs, mais seulement pour les Cubains “méritants”, représentant officiellement “l’avant-garde nationale”, à qui leur entreprise ou leur administration offrait un séjour payé par l’Etat.

Mais le prix de la chambre demandé par les autorités –21 pesos convertibles (22,6 dollars) n’avait pas permis d’aboutir–, malgré la volonté de ces groupes, qui gèrent des hôtels “mixtes” avec l’Etat cubain, d’accéder au marché intérieur cubain.

Mardi doit entrer en vigueur une directive du ministère cubain du Commerce intérieur, autorisant la vente au public des ordinateurs, des lecteurs de DVD, des fours à micro-ondes et d’autres appareils électro-ménagers dont la commercialisation était jusque là sévèrement contrôlée.

 

Le Monde - Conséquence des récents changements à la tête du régime castriste, les Cubains s’apprêtent à découvrir les joies du téléphone portable. Le nouveau chef de l’Etat, Raul Castro, a décidé, vendredi 28 mars, d’autoriser les Cubains à posséder des appareils cellulaires, jusqu’à présent réservés aux étrangers et aux fonctionnaires gouvernementaux.


 


 

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